2ème séminaire

Synthèse du séminaire de pharmacoéconomie: L’admission d’un médicament dans la nomenclature hospitalière: un choix raisonné et évalué

Les critères de choix pour l’admission d’un médicament dans la nomenclature hospitalière et la nécessité d’une évaluation périodique de cette admission étaient les principales thématiques abordées lors du 2ème séminaire de Pharmacoéconomie organisé jeudi dernier par la Société Marocaine de l’Economie des Produits de Santé (SMEPS) en collaboration avec la Direction du Centre Hospitalier Universitaire Ibn Sina. Plusieurs professionnels de la santé et des représentants de l’industrie pharmaceutique ont fait part à cette rencontre scientifique.

Selon Dr J-M Descoutures, Coordonnateur Médicaments RESAH du CH Argenteuil, l’admission d’un médicament à l’hôpital doit être discutée au sein d’un comité du médicament où sont représentées les différentes parties prenantes : médecins, pharmaciens, personnel soignant et direction. Le processus d’évaluation de nouvelles spécialités pharmaceutiques obéit à différentes étapes faisant appel à l’expertise pharmaceutique et à l’expertise médicale. Ces évaluations vont intervenir après analyse des consommations des produits de la classe thérapeutique identifiée et doivent impérativement tenir compte du coût du traitement. Les principaux critères d’admission concernent d’abord le médicament lui-même à travers les études cliniques, les études de sécurité et les avis de la Commission de la Transparence. Un deuxième critère est sa place dans la prise en charge de la maladie concernée et sa place dans la thérapeutique par rapport aux produits comparables et enfin le critère d’intérêt thérapeutique hospitalier (Prise en charge hospitalière, les modalités d’administration, d’amélioration de l’observance et de la tolérance, la politique par discipline et le prix et coût du traitement).

Au cours de ce séminaire, le Directeur de l’équipe de recherche de Pharmacoéconomie et Pharmacoépidémiologie de la faculté de médecine et de pharmacie de Rabat, Professeur S. Ahid a présenté les premiers résultats de l’évaluation pharmacoéconomique de la nomenclature du CHU. Selon cette étude la part des médicaments génériques dans les achats du CHU en 2016 ont représenté 45% en volume et 26% en valeur, celle des biomédicaments 15,2% en volume mais 41% en valeur et la part des médicaments essentiels de la liste nationale ont représenté 37%.

La thématique retenue pour cette rencontre scientifique relève d’une importance capitale pour les hôpitaux, vu que l’accès aux soins passe aussi par l’accès aux produits de santé, la maîtrise des dépenses liées à leurs achats et leur usage rationnel. Ceci a été mis en évidence par Professeur A. Errougani, Directeur du Centre Hospitalier Universitaire Ibn Sina, où il souligne l’importance de cette étude dans le contexte de l’arrivée de thérapeutiques innovantes et coûteuses et la nécessité de garder un équilibre budgétaire pour un accès efficient aux soins.